Aux fondements de la civilisation 

Emile H. Malet

 

 

 

 

De grèves en manifestations et en émeutes, la France n’a pas chômé en effervescence populaire, voire en désordres socio-économiques et politiques, pour ne pas parler de la chienlit des rues. La réforme des retraites aura été l’occasion d’une très forte mobilisation, à la fois syndicale et aussi populaire avec quelques débordements violents. Les dernières émeutes ont secoué nos banlieues et le cœur de certaines métropoles, entrainant des saccages d’édifices publics et de commerces privés. Il aura fallu une semaine de répression policière pour venir à bout d’une violence sociale sans précédent et qui traduit – quoi qu’en disent les pouvoirs publics - un désordre migratoire allié à une intégration malheureuse.

 

Le problème n’est pas spécifique à notre pays, de nombreux territoires européens sont confrontés à la question de l’immigration, qu’il s’agisse de l’intégration des immigrés en situation régulière comme d’une immigration spontanée et hors de contrôle des frontières de l’espace Schengen et de l’octroi des visas. Mais ce qui est caractéristique de la situation française, notre exception sociétale en quelque sorte, c’est cet enchainement conflictuel auquel est confrontée la France depuis quelques années avec des éruptions périodiques d’ultra-violence qui mettent à mal la noble placidité de Marianne et installent un climat politique et social délétère.

 

La mort injuste, quoiqu’accidentelle, du jeune Nahel a pu provoquer une émotion légitime et oblige l’ordre républicain à ne pas tolérer d’abus policiers sans remettre en cause le souci tout aussi légitime de sécurité assuré par nos moyens de police et de gendarmerie.

 

Reste que n’importe quel prétexte, fut-ce un drame humain,vient déclencher une crise avec son lot de dégradations matérielles et d’affadissements régaliens - les attaques d’édifices municipaux et de commissariats en témoignent - qui sont l’illustration d’un malaise politique, en tous cas, de l’impossibilité de médiation politique pour éviter l’acmé destructeur des conflits. Certains observateurs évoquent une déliquescence des valeurs, notamment de l’autorité. Pourquoi pas, mais si l’autorité peut se décréter, elle s’incarne bien souvent à travers une adhésion aux principes régaliens si bien exprimés par notre trinité républicaine : liberté, égalité, fraternité. À cela, on peut ajouter des références de civilisation, voir religieuses, eu égard à la situation internationale saturée de conflits ethno-identitaires.

 

Les princes qui nous gouvernent ont trop vite fait de résoudre les crises à répétition en édictant des mesures ou des réformes d’ajustement social - certes nécessaires - mais sans chercher à établir une véritable déconstruction politique du malaise ambiant. Il ne suffit pas d’incriminer un ensauvagement ou une décivilisation des sociétés, nous ne manquons pas de grands esprits pour proposer des explications sociologiques et analytiques, les politiques ont l’obligation et l’obligeance de regarder la réalité en face et de mettre en place et en actes une planification des moyens socio-économiques et culturels à même de résoudre les difficultés ressenties par les populations. Si la République s’incarne dans le régalien, la démocratie est d’essence populaire, c’est dans cet entre-deux que se joue un vivre ensemble accessible et si possible harmonieux au sein de la communauté nationale. On l’aura compris, pour les politiques, l’heure est venue de prendre à bras-le-corps les problèmes de la cité, comme l’immigration ou l’éducation, ainsi que la situation extérieure devenue extrêmement préoccupante du fait de la sale guerre d’occupation de l’Ukraine par la Russie et qui concerne l’Europe au premier chef. Il s’agit de ne plus tolérer cette fatalité conflictuelle qui s’est installée chez-nous et qui mine les fondements de notre civilisation.

 

Or, qu’il s’agisse du charivari parlementaire, de l’émergence inquiétante d’un extrémisme politique de droite comme de gauche, de la tolérance pour un wokisme aussi insipide qu’absolutoire, des violences de minorités socio et ethno-identitaires, d’une obsolescence politique et même administrative qui confine à de l’impuissance d’agir, tout cela mérite d’être appréhendé en faisant référence aux fondements de notre civilisation. Un simple toilettage politico-sociologique après chaque crise ne peut qu’alourdir les contentieux « socio-cul » et hypothéquer l’avenir des jeunes générations en les détournant des rives de la politique et de la civilisation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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